
C’est un vrai « coming-out » vis-à-vis de ma dépendance à la drogue, auquel je me livre aujourd’hui… Je sais que je vais en surprendre plus d’un, à commencer par mes amis proches, puis les « moins proches » pour finir par mes collègues de travail. Je les vois déjà, chuchotant dans mon dos, dans un futur proche : « Tu as vu, il se drogue, la honte, il faudrait le brûler, déjà qu’il est pd, en plus un drogué… » ce à quoi l’autre répondra : « Je l’ai toujours su moi, je le voyais toujours renifler, c’est parce qu’il se camait en douce dans les toilettes au fond du couloir » et le troisième répondra « C’est donc de là que viennent ses problèmes d’argent… »
Et oui, je le sais, je déçois, j’ai honte et je crains déjà votre regard inquisiteur, qui va me toiser de haut en bas. Vous n’oserez désormais, plus me laisser m’approcher de vos enfants de peur que je leur en donne une dose dans leurs biberons. Et pourtant, ils n’ont rien à craindre, tout comme vous. Je suis inoffensif. Et là encore, monsieur « Tout le monde » va susurrer « Oui, ils disent tous que la drogue, c’est inoffensif ».
Je n’ai jamais pris ce que l’on appelle des drogues dures. Pas de GHB, de cocaïne ou d’héroïne rien de tout ça, tout au plus un pétard quand j’étais jeune adulte mais ça remonte à loin, bien loin, très très loin…
Et tout gay que je suis, je ne suis pas non plus accroc au sexe, contrairement à 98% des représentants de ma communauté. Non, pas de « sex-addict » chez moi, je laisse ce passe-temps à ceux qui préfèrent réfléchir avec leur bite plutôt qu’avec leur cerveau. Que me reste-t-il alors pour m’envoyer en l’air, atteindre le Nirvana, partir dans un monde parallèle ?
Ma drogue à moi, elle est américaine… Sa composition chimique fait rêver tous les camés du coin : eau gazéifiée, sucre, colorant (Caramel E150d) ainsi que quelques acidifiants : acide phosphorique et des extraits végétaux, caféine. Je veux bien sûr parler de cette merde qu’est le Coca-Cola en vente, en libre-service dans tous les grandes surfaces.
Le Coca-Cola, à différencier des imbuvables colas et autre Pepsi, je suis tombé dedans, il y a presque 6 ans. Vous devez trouver ça dingue que je puisse me souvenir d’un truc aussi anodin mais tout a commencé à un tournant de ma vie, quand je me suis fait larguer comme un malpropre, par ce cher Grégory (dont j’ai déjà parlé ici). Je me souviens, c’est là que j’ai commencé à prendre mes premières cuites sérieuses, celles qui te laissent un goût amer, le matin au réveil, celles qui ont un effet anesthésient au point que le lendemain, tu ne te souviennes pas de ta soirée.
A cette époque, j’ai fait la rencontre de « JB » (non, non pas Jean-Baptiste ! ) où plutôt de « J&B », le célèbre whisky. Le whisky, c’est bon, mais jamais ô grand jamais nature ! Les puristes, tu sais, ceux qui le boivent « on the rock » avec un gros cigare à la main, vont m’insulter devant l’injure que je fais à ce breuvage en y ajoutant jus d’orange ou du Coca.
Dans mon chagrin, j’ai donc commencé à boire régulièrement du whisky-coca (J’avais à l’époque des goûts de luxe avec mon « J&B », dire que je pouvais en avoir de moindre qualité au Norma du coin…) et petit à petit, je me suis à boire seul, un peu plus chaque soir, en regardant des grosses daubes à la télé. Il ne restait plus qu’un gros mois qui me séparait de mes épreuves du BTS, j’étais sur la mauvaise pente. Puis dans un sursaut de lucidité, je me suis relevé, juste à temps, pour réussir brillamment et faire un pied de nez à mon prof de gestion qui n’aurait pas parier un Kopek sur moi.
Mais il reste des séquelles de cette époque, je suis accroc au Coca et ça en devient grave, au point que j’ai besoin d’en parler. Ca vous fait sûrement sourire mais c’est fou, j’y pense souvent. Au travail, je me dis, je boirais bien un Coca et quand j’en ai à la maison, la bouteille est à peine ouverte, qu’elle est déjà finie. Et quand je n’en ai pas, et que je vais faire des courses, rares sont les fois où je ressors sans une bouteille.
Si je m’écoutais (C’est un conditionnel, ce n’est donc pas encore le cas !), je crois que je serais capable de petit-déjeuner au Coca. C’est donc pour moi, le moment de prendre une décision avant qu’il ne soit trop tard et que je sombre définitivement.
A compter de ce jour, j’arrête le Coca-Cola. Je me suis renseigné en pharmacie, il n’existe encore pas à ce jour, de patch diffusant de la caféine sucrée. Je vais donc devoir être fort et vous allez devoir en retour, supporter mes sautes d’humeur (oui, oui, je sais que je n’ai pas besoin d’arrêter le Coca pour avoir des sautes d’humeur, mais dites-vous qu’il y en aura encore plus).
Eh eh, illuste inconnu, tu me bats, tu ne peux être qu'un homme non ?
( Eh, sans rire : 98% des individus de "ta" communauté sont accros au sexe ?? )
Ah ben, accro de chez accros, plus accro tu meurs ! Pour le sexe, je pense être proche de la réalité en effet...