
« Si on partait prendre l’air
Et tout ce ciel qu’on a perdu
Où la beauté nous appartient
Où le silence nous plaît bien
Où d’autres marchands d’horizons
D’autres marchands de saisons
Où la pensée n’est pas certaine
Si on y paraît quand même
Si on partait…
Prendre l’air, prendre l’air…»
Voilà les paroles de Calogero. Prendre l’air, parfois, ça fait du bien. Depuis mercredi soir, moment auquel je suis revenu sur Besançon après quinze jours d’absence, et jusqu’à samedi inclus, il n’a pas arrêté de pleuvoir non-stop.
Hier, je décide de profiter du soleil pour m’oxygéner car je suis resté plutôt au chaud durant les derniers jours car j’ai eu une angine. Je me décide à aller boire un café en terrasse. Je m’assoies et commande un perrier. Un serveur plutôt mignon m’apporte ma commande. Je me mets à lire un magazine et de temps en temps, je lève mon nez pour regarder passer les gens.
Les premiers rayons de soleil poussent les beaux mecs (et les moins beaux d’ailleurs) à exhiber leurs beaux mollets et leurs bras musclés…. Hum…
Tout à coup, le serveur repasse vers moi et me demande si je souhaite reprendre quelque chose. J’avais terminé mon perrier depuis un moment déjà et j’en reprends un second…
Au moment où je m’apprête à payer, le serveur me fait un large sourire et me dit que c’est offert… Tout ça ne fait qu’un tour dans ma tête. Ce mec a vu que je le regardais avec tendresse… Mais en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il me dit que c’est payé par le monsieur assis là bas. La honte, je viens de me faire offrir un verre par un mec à l’autre bout de la terrasse et tous les serveurs sont au courant.
Je jette rapidement un œil et je vois au loin un mec d’environ 65/70 ans. Je refuse la proposition et demande à payer mon verre. Le serveur me fait un petit clin d’œil amical et s’en va. Je me remets à ma lecture quand tout à coup, mon mécène m’interrompt.
« Je peux m’asseoir ? » me dit-il. Je bougonne un oui maladroit et Philippe, c’est son prénom, se pose en face de moi. Je me sens obligé, malgré moi, de lui faire la conversation. La situation est gênante car le serveur me regarde au loin. Pourquoi est-ce que ça tombe toujours sur moi ce genre de mésaventure ? Je serai prêt à donner beaucoup pour me sortir de ce guêpier ou pour échanger mon « vieux » contre le serveur…
On discute de tout et de rien, enfin surtout de rien. Il finit par cracher sa Valda et paf, il me sort que je lui plais. Eh bien, le papy, il a pas la bite en berne… Pour me sortir de cette impasse, je lui dis qu’il fait fausse route et que je suis pris… Quel con, je suis, pourquoi j’ai été dire ça alors qu’il était si simple de dire que j’étais hétéro…
Mon ami se fait de plus en plus pressant et me demande si on peut aller chez moi… J’halluciiinnnne ! Je finis par lui dire de me laisser tranquille… Je quitte la terrasse excédé et là, je m’aperçois que le mec me suit… Je lui demande pourquoi il me suit de la sorte et il me dit qu’il veut coucher avec moi et qu’il est prêt à me payer pour parvenir à ses fins…
J’ai la gerbe, non seulement j’ai nullement envie de coucher avec ce mec qui pourrait être mon grand-père mais encore moins en vendant mon corps. Je lui explique que s’il me suit encore, je hurle… Il me laisse partir, et moi je rentre chez moi. Je me sens con, c’est idiot, mais je me dis que cet après-midi, j’ai frôlé la solitude de cet homme, celle qui pourrait être la mienne dans 40 ans, si je ne trouve pas le mec qui saura me rendre heureux… Voilà qui fait réfléchir !
Lol ça risque moins toi... Vivement mes vacances dans l'Aveyron alors :-p