Si je veux être honnête avec ceux qui liront ce post, et surtout avec le principal intéressé, je dois confesser que j’avais fait un premier jet ce matin et qu’entre la fin de ma rédaction et le
moment où je l’ai posté, j’ai revu Mickaël. Ce post n’est donc pas tout à fait l’original puisque cet après-midi passé à ses côtés m’aura permis d’en apprendre un peu plus et d’en tirer les
conclusions qui s’imposent.
Tout ceci n’est pas un laïus soporifique. J’ai besoin de mettre les choses au clair avec mes amis proches et surtout de faire passer un message à Micka, message que je n’ai jamais réussi à lui
dire de vive voix.
Pour remettre les choses dans leur contexte, il convient de faire un flash-back (ou petit tour en arrière pour les non anglophones ou les puristes
militants de la loi Toubon). Début avril, à quelques jours près, j’ai fait la connaissance, au détour d’un tchat, du susnommé (je précise à tous mes petits camarades homos que le mot
« susnommé » ne fait référence à aucune pratique sexuelle lol). Très vite, nous nous sommes vus, malgré mes réticences à rencontrer de nouveaux gays. Il faut aussi dire que Mike, il a
vachement insisté pour me voir (Allez savoir pourquoi !!!! Je suis peut-être trop trop trop trop trop sympa…)
On s’est revu à plusieurs reprises. A mon grand étonnement, Micka n’était pas comme les autres gays. Il ne me parlait pas toujours de ses ex, de ses plans cul (putain que les gays aiment les
plans cul… A croire qu’ils ne connaissent rien aux sentiments…), il ne parlait pas de lui au féminin et évitait surtout de porter des plumes dans le cul.
J’exerce généralement une méfiance à l’égard de mes congénères, car je ne me sens pas comme eux, j’aime les mecs certes, je ne suis pas le moins du monde, attiré par les femmes, je suis donc bel
et bien gay. Et pourtant je me sens à mille lieux d’eux. Je ne supporte pas la Gay Pride et le militantisme exacerbé de tous ces hommes et femmes qui veulent être admis dans une société à niveau
égal de leurs paires, les hétéros, alors que les gays se « ghettoïsent » tous seuls.
Bref, pour une fois, Micka semblait me réconcilier avec le genre, le genre gay. "Il est des amitiés si profondes qu'en se voyant pour la première fois, on semble se reconnaître" (Alfred
De Musset).
En voyant Micka, j’avais l’impression d’avoir trouvé mon double. De coups de fils en sms, de confidences en éclats de rire, je me suis rapproché de plus en plus de celui qu’inconsciemment
j’aimais. Je suis resté pendant plus de deux mois dans cette position étrange : je côtoyais un mec que j’avais rencontré à la base pour m’en faire un pote et dans mon cœur, il avait déjà
largement dépassé ce stade.
Devant la pression incessante de mes amis, à vouloir me faire voir la réalité en face, j’ai fini tant bien que mal par lâcher le morceau, aussi maladroitement que possible, via un pauvre sms.
Moi, la grande gueule, déluré, je n’ai jamais pu lui dire en face. Un sms aussi con, qu’on peut l’être en pareille circonstance.
Libéré d’un fardeau dont je n’avais pas jusque là mesuré le poids, je n’ai guère attendu avant de recevoir une réponse sans appel possible, même devant la cour d’appel du cœur ou lors d’un
pourvoi en cassation. Micka n’a pas de place dans sa vie ou plutôt dans son cœur pour moi. Je devrai me contenter, si j’en ai la force, de son amitié…
La chute est longue et douloureuse… L’espace d’un instant, j’en viens même à me dire qu’il n’est pas différent des autres, qu’il a joué et que j’ai perdu, avant de comprendre qu’il n’a pas joué,
il ne m’a rien promis. J’ai juste idolâtré un homme pour qui je ne suis qu’un ami.
Pourtant l’amitié, c’est déjà beaucoup, encore faut-il qu’elle soit indéfectible ! Je ne vous parlerai pas, par pudeur, des nuits que j’ai passées à pleurer avec toutes les larmes de mon
corps (eh oui, je pleure, moi, j’ai pas honte de le dire comme nombreux hétéros trop fiers…).
Je l’ai revu pour la première fois cet après-midi, l’occasion de faire le point sur une situation embarrassante. Si aujourd’hui, j’ai digéré la pilule, je ne peux pas dire que je ne pense plus à
lui, que je ne le désire plus, que je ne l’aime plus… Dire le contraire serait mentir… J’imagine déjà mes potes disant « ça y est, il le reconnaît publiquement qu’il
l’aime… ».
On a parlé de tout et de rien avant d’en venir à ce sujet qui fâche, enfin surtout moi lol. Micka a su habilement répondre à mes questions et me comprendre. Il m’a aussi confié avoir sympathisé
avec un jeune homme, qui je le souhaite, sera celui qui le rendra heureux puisque ce rôle ne m’est pas destiné.
Micka, puisque les lignes qui suivent te sont plus particulièrement destinées, je voulais te dire que les sentiments passeront (je l’espère) avec le temps. Je voudrais te remercier de ne pas
m’avoir jeté après que tu aies eu connaissance de mes sentiments. Je suis fier de te compter parmi ceux que je considère comme mes amis proches. J’espère que tu sauras être heureux et que la vie
nous réservera encore et encore des journées comme celles d’aujourd’hui.
Il n’y a qu’une phrase qu’une seule qui me vient pour conclure : je t’aime.
Au final, tout ceci ne se termine pas si mal car "Je sais mieux faire l'amitié que l'amour" (Jean Cocteau).
Bisous
Marie
Eh oui la langue française comprend plein de citations que l'on ne connait pas faute de temps (ou de culture ?)